« Au premier regard, on ne voyait pas, usées à force de passages, les frontières de cette ville de l’exil et du tourisme, ni les chemins empruntés par les Italiens, les Russes et les Anglais, suivis par les Arméniens, les Arabes, les Juifs, les peuples des Balkans et de l’Afrique. Nice, comme les autres villes, ne fait pas entendre sa voix tant qu’on ne s’est pas blotti contre sa poitrine pour pleurer au moins une fois, tant qu’on ne s’est pas couché dans ses bras. »
À celles et ceux qui ne connaîtraient pas encore Pinar Selek, il convient de rappeler qu’elle est une femme de tous les combats, victime depuis 25 ans de persécutions judiciaires par le pouvoir turc, emprisonnée et torturée pour ses recherches sociologiques sur les kurdes, mais en vérité tout autant pour ses engagements féministes et antimilitaristes, engagements qu’elle poursuit de manière active et protéiforme en Europe et en France, qui est devenu sa terre d’accueil et d’exil depuis 2013. Elle ne peut plus retourner dans son pays, au risque d’y être emprisonnée « à vie ». Pinar Selek est aussi chercheuse en sociologie – elle est maîtresse de conférences à l’Université Côte d’Azur -, écrivaine et poète.

