Edouard Kotcherguine est un des grands scénographes russes. Né en 1937, c’est seulement à passé septante ans qu’il s’est décidé à raconter son enfance de fils d’« ennemi du peuple ».
Son père fusillé, sa mère arrêtée, il se retrouve dans un orphelinat en Sibérie. Mais la guerre finie, il n’a qu’une seule idée, c’est de retrouver sa mère, de retourner là-bas, à Léningrad, loin, si loin à l’ouest…
Il s’évade ainsi de l’orphelinat-prison où il est enfermé, et durant plusieurs années, par étapes successives, d’orphelinats en refuges provisoires, dans un voyage ferroviaire hallucinant, il retrouve finalement sa mère et sa ville natale.
Dans un style imagé, volontairement naïf, Kotcherguine nous livre ici un récit oral, comme une série d’histoires que l’on confie le soir au coin du feu ; une succession de scènes extraordinaires qui nous hantent longtemps, pleines de la violence d’une époque et d’un régime, de personnages terribles et grotesques, traversées çà et là par des lumières magnifiques d’humanité.
