Marina se sent insuffisante, comme mère de son jeune fils de deux ans, comme femme d’un homme dont elle sent confusément qu’elle ne l’aime pas assez. Un été, elle part avec son fils Marco passer quelques semaines en montagne, dans les Dolomites, au Nord de l’Italie. Manfred, le propriétaire de l’appartement qu’elle loue, est un homme austère et misogyne parce que sa mère est partie avec un autre homme, laissant le père seul avec ses trois fils. Il regarde d’un oil impitoyable cette femme maladroite, fragile et séductrice à la fois. Un soir, Marina met en danger son enfant et se retrouve comme paralysée, incapable de l’aider. Manfred intervient et comprend alors qu’il a le pouvoir de briser cette mère en la privant de son enfant.
Nous entendons ainsi les voix alternées de ces deux personnages que tout sépare, que tout oppose. Pourtant, tout au long du récit, s’insinue peu à peu le désir contrarié, refoulé, dénié, qui naît entre ces deux êtres malheureux. Cristina Comencini mêle magnifiquement ces voix au décor imposant qui entoure les personnages, ces montagnes massives, qui semblent observer en silence le bouleversement consommé par la passion.
