Dans sa postface, Leonardo Padura, écrivain cubain de renommée, nous dit avoir voulu se servir de l’histoire de l’assassinat de Trotski pour réfléchir à la perversion de la grande utopie révolutionnaire du XXe siècle. Idée ambitieuse à la base d’un projet romanesque parfaitement réussi.
Dans un style précis et foisonnant, mêlant fiction et réalité, Padura convoque une galerie de personnages réels. Il s’empare en effet des grands événements historiques allant de la révolution russe à la guerre civile d’Espagne. Il en profite également pour nous dévoiler une certaine réalité sociale et politique de son pays, Cuba.
Au début du récit, Ivan, jeune écrivain frustré et vétérinaire malgré lui, rencontre sur une plage de La Havane en 1977 un homme à la silhouette maladive promenant deux lévriers barzoï. Une conversation s’engage autour des deux animaux rares. Puis, de rencontre en rencontre, vient le temps des conversations répétées. Cet homme mystérieux s’appelle Jaime Ramon Lopez et lui fait des confidences sur Ramon Mercader, l’assassin de Lev Davidovitch Bronstein, dit Trotski.
Livre monumental à découvrir.
