Quand une dame plus que centenaire livre ses mémoires, et que ces feuillets tombent dans les mains de son arrière-petite-fille avec laquelle elle a vécu pendant cinq ans, cela devient, sous la plume d’Anne Cuneo, un roman foisonnant. En effet, cette femme a vécu entre l’Angleterre, la Suisse et l’Italie. Elle a fait partie des premières femmes admises à la faculté de médecine de Zürich à la fin du dix-neuvième siècle, et après avoir longuement exercé auprès des plus démunis, femmes, soldats, pauvres de toutes origines, elle s’est recyclée dans la psychanalyse alors qu’elle avait déjà la soixantaine passée et que le bon Dr Freud commençait à se faire connaître. Ses origines, que trahissaient ses allures de grande dame, ne l’ont pas empêchée de demeurer active jusqu’à la fin. Elle aura traversé le siècle et nous avec elle, évoquant les tourments de l’Histoire, ses histoires d’amour passionnées, son engagement qu’elle ne voulait pas politique, mais qui était d’une grande profondeur sociale.

