Bruno Cadogan est étudiant à l’Université de New York et termine enfin sa thèse sur les textes de Borges analysant les origines du tango. Il baille, il s’ennuie et a la fâcheuse sensation de perdre son temps. Aucun intérêt d’aller en Argentine pour finir son travail, Buenos Aires « est apparemment une ville semblable à Kuala Lumpur : tropicale et exotique, faussement moderne, et dont les habitants d’ascendance européenne s’étaient habitués à la barbarie ».
Pourtant un jour il entend parler de Julio Martel, chanteur de tango surpassant les meilleurs et ne figurant sur aucun enregistrement. Il n’en faut pas plus pour piquer sa curiosité. Installé dans une pension désignée dans les guides comme la » maison de l’Aleph » (voir L’Aleph de Borges), Bruno se lance dans un périple à travers Buenos Aires. La ville se révèle bien vite être un dédale, parfois géographique, souvent métaphysique. Elle semble avoir englouti Borges, l’Aleph, ce mystérieux Martel dont le chant résonne au hasard des croisements de rues, et bientôt toute l’Argentine. En effet, le roman se termine en décembre 2001 et la rue est secouée de protestations et de cacerolazos.
Ce livre a une puissance romanesque envoûtante et nous pousse avec force dans les épais mystères et l’intemporalité de Buenos Aires.

