Nicole Lapierre nous dit qu’il n’est pas d’héritage culturel sur lequel veiller jalousement en le défendant de toute influence extérieure. Il n’est de pensée et de culture vivante qu’ouverte, en contact permanent avec d’autres mondes, en confrontation avec d’autres espaces.
Pensons ailleurs se construit autour de quelques figures emblématique d’une pensée qui se développe parfois à cheval sur les frontières : Walter Benjamin (l’homme des passages), Georg Simmel (l’homme des ponts), Edward Said, ou encore John Howard Griffin et Günther Walraff, qui à trente ans d’écart tentèrent de passer la frontière en prenant la peau « de l’autre ».
L’éloge de la culture métisse, de la pensée transculturelle, est certes à la mode. Mais Nicole Lapierre nous rappelle dans ce très beau livre qui fourmille d’anecdotes émouvantes et attachantes, que des hommes ont construit ce regard différent sur le monde au prix l’exil, de l’errance, ou du déni de soi.

