Alex MacLean est un des spécialistes de la photographie aérienne. Pour ce livre, il a travaillé absolument seul, combinant pilotage de son petit avion, prise de vue et prise de notes pour l’identification des lieux.
Comme dans « La terre vue du ciel » de Yann Arthus Bertrand, on est souvent partagé entre l’admiration et l’effroi. Mais l’approche choisie par Alex MacLean, photographe, mais aussi urbaniste et architecte, est moins esthétisante que celle du Français. Ici, il s’agit d’une sorte de catalogue raisonné (par thèmes : eau – déchets – air – automobile, etc.) des absurdités environnementales auxquelles mène le mode de vie états-unien (qui est à de nombreux égards le nôtre).
On reste saisi par l’aspect ubuesque de certaines configurations urbaines : concentration de villas toutes identiques et rangées organiquement autour d’un cour : le centre commercial ; réseaux routiers en quadrilatères surgis dans le désert, en vue d’un hypothétique projet immobilier ; immenses immeubles construits sur d’étroites bandes de terres attaquées par la mer.
Le travail de MacLean fait saisir clairement comment ces structures définissent et conditionnent le mode de vie de cette Amérique responsable à elle seule du quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Il nous invite aussi à nous interroger sur l’espace qui nous entoure et que la société humaine façonne, détruit, pervertit, et parfois restaure, jour après jour.

