On le sait depuis quelques temps déjà, ce qui intéresse Etienne Davodeau, c’est la vie des gens ordinaires. Dans Lulu femme nue, on découvre l’histoire tendre et émouvante de Lulu, femme de quarante ans qui, un soir, ne rentre pas chez elle, pour s’offrir quelques jours de liberté. Pourtant, ni ses amis, ni son mari, ni ses enfants, et ni elle-même sans doute, personne ne la croyait vraiment malheureuse. Mais un jour, après un entretien d’embauche qui une fois de plus se termine mal, elle décide de ne pas rentrer tout de suite. Le lendemain, une femme rencontrée par hasard lui propose de l’emmener plus loin poursuivre son escapade. L’album (premier volet de deux prévus) est admirablement construit autour du récit d’un des amis de Lulu, témoin privilégié, qui a réuni tout le monde, et nous fait découvrir le destin de Lulu.
Les dialogues sonnent juste, les situations sont belles et émouvantes, les teintes – ocres et bleus dominants – et les cadrages de Davodeau sont admirables de justesse et de simplicité, toujours au profit de l’humanité profonde des personnages.

