Pays de rêves, pays de cauchemars – le Groenland doit être les deux à la fois. C’est du moins l’impression qui nous reste après la lecture du roman d’Anna Kim. Anatomie d’une nuit raconte onze suicides, qui ont lieu la même nuit, dans la même ville (imaginaire) de l’Est du Groenland. Mais le roman raconte aussi un paysage, austère et pourtant fascinant, qui manque aux personnages s‘ils le quittent, mais ne les rend pas heureux s’ils reviennent.
L’histoire commence à 22 heures et finit à 3 heures du matin : cinq heures pour connaître ces onze personnes, et la douzième, le paysage. L’auteure décrit encore et encore sa texture, son aura, l’effet qu’il a sur les gens qui y vivent, comment il les imprègne, les façonne. Il est comme un mystère qui nous échappe, paradoxal, en même temps largeur et étroitesse, horizon et prison.
Un livre fascinant, touchant, indescriptible.

