Il est temps de le remarquer : nous avons à Genève un formidable auteur de romans noirs, italo-genevois pour tout dire. Et trois de ses livres paraissent chez trois éditeurs différents en quelques mois.
D’abord Aller simple pour Nomad Island, roman de critique sociale mené de main de maître. Cet ouvrage nous embarque sur une prétendue île paradisiaque pour des vacances inoubliables. Toute la question est : comment repartir de cette île une fois qu’on y a posé le pied ? L’intrigue se déroule sur sept jours et de bout en bout, il est bien improbable de deviner ce qu’il adviendra de cette « jolie » famille genevoise désenchantée et au bord de l’explosion.
À relever ensuite, la réédition de son premier roman largement retravaillé Le cul entre deux chaises (Ed. BSN Press 2014, 205 pages, fr. 25.–), roman noir d’inspiration autobiographique et carrément hilarant.
Et enfin, son nouveau roman paru chez Finitude, belle maison d’édition bordelaise, un livre très noir qui raconte l’errance d’un homme sur des aires d’autoroute autour du 15 août. Canicule, disparition d’enfants et descriptions psychologiques, Incardona nous emmène aux tréfonds de l’âme humaine et ne nous lâche pas. Autant vous prévenir, Derrière les panneaux il y a des hommes (277 pages, fr. 30.80) est un voyage dont on ne sort pas tout à fait indemne.

