Comment parler de ce roman ? Comment transmettre le bouleversement, l’impact, la force de vie, la rage et la lumière qui s’en dégagent ?
Daniel Arsand réussit le tour de force de nous raconter le retour de Klaus Hirschkuh de Buchenwald, interné parce qu’« inverti », parce que « pédé », retour dans sa ville natale, Leipzig, ville elle-même en ruine. Tour de force parce que Daniel Arsand invente une langue à la hauteur de ce récit, une langue en lambeaux et scandaleusement vivante tout comme Klaus. Une écriture qui se construit sous nos yeux au fur et à mesure que Klaus se redresse pour faire face à la lumière, lui qui n’est plus qu’ombre, une langue pudique et explosive.
Survivre. Pendant quatre années là-bas, survivre à toutes celles à venir après, survivre au souvenir, à la réapparition de l’amour. Survivre, ce combat intime. Mais le désir est là, encore et toujours.
Ce roman porte une force de vie brute, une nécessité incroyable

