Titubant. Encore sous le choc de ce Bleu éperdument. Dire que parfois on pense que les nouvelles ce n’est pas notre truc. Et cette rencontre avec l’œuvre de Kate Braverman, ses personnages fragiles et froissés jusqu’à l’os. Femmes dans les failles de la vie ne laissant de place à aucune compromission, aucun accord passé avec une vie « normale » quitte à payer le prix fort. Une force vitale se dégage de cette langue comme un raz-de-marée, cette écriture précise, tranchante est soudain submergée par des vagues de poésie, comme lorsque la vie déborde. Langue extralucide qui vous coupe le souffle et vous fait hésitant, un instant, avant de replonger dans ce bleu, éperdument. Titubant. Toujours.

