D’acier a pour cadre Piombino, petite ville industrielle de Toscane. L’acier, c’est celui que l’usine du coin, « la Lucchini », fabrique encore dans ses hauts fourneaux qui ferment un à un, relocalisation oblige.
A travers l’amitié intense et longtemps exclusive de deux jeunes filles – Anna et Francesca, à peine 14 ans – et le destin de leurs familles, Silvia Avallone brosse le portrait d’une communauté attachante et triviale, insouciante et tragique à la fois. Dans ce monde dominé par les hommes (les frères, les maris, les pères), eux-mêmes soumis à la dureté du monde ouvrier, la voie offerte aux femmes est étroite. L’exemple des mères soumises malgré les discours de révolte est démobilisant. Restent les rêves de célébrité à Rome, à Milan, les fantasmes de fuite, restent le rayonnement de la mer, l’éclat du soleil et le pouvoir que donne la beauté des jeunes corps.
Roman social et intimiste pourtant, D’acier impressionne, émeut et emporte, même s’il laisse en fin de compte bien peu d’espoir à ses protagonistes.
