Au hasard d’un voyage en auto-stop, le jeune Frank Westerman (il a alors 19 ans) rencontre El Negro dans la vitrine d’un petit musée catalan : il s’agit d’un Bushman conservé depuis le xixe siècle par taxidermie comme » échantillon » d’homme noir.
Cette confrontation marque profondément le jeune homme. Il entreprend en ce temps-là des études d’ingénieur hydraulique en vue de partir en mission dans les pays en voie de développement. Bien des années plus tard, Westerman apprend qu’El Negro a quitté l’Espagne pour être enfin enterré en Afrique.
Le livre est construit sur deux plans : enquête et quête personnelle. Tout en reconstituant, en détective-historien, le destin posthume d’El Negro, Westerman, à travers ses propres souvenirs de coopérant, s’interroge sur les conséquences des actions de l’homme blanc – le colonialisme, bien sûr, mais aussi l’aide qu’il prétend encore et toujours apporter aux autres.
Nous nous confrontons ainsi à la honte de l’homme occidental, mais sans porter de jugement péremptoire face à la complexité des rapports tissés entre l’Occident et » les autres « , dans le passé et le présent.

