Quelle tristesse de constater l’état de délabrement de ce magnifique palais sarde, qui conserve toutefois encore un peu de somptuosité : le jardin, les escaliers, la vaisselle… Mais les trois sœurs propriétaires de ce joyau en ont pris leur parti. Les appartements inoccupés ont été vendus et elles cohabitent maintenant presque au même titre que les autres locataires. La sœur aînée prend soin du palais avec beaucoup de sérieux, mais un chagrin d’amour la plonge dans une profonde mélancolie et elle a parfois peine à faire face. Tandis que la deuxième est préoccupée par un désir inassouvi d’enfant malgré une sexualité débridée. Quant à la plus jeune, celle qu’on surnomme la «Comtesse de Ricotta», elle est si maladroite et son cœur bat la chamade.
Ces trois femmes attachantes et fragiles font corps avec le palais qui vibre aux accents de leur quête du bonheur, de leur peur de l’abandon, de leur fièvre de reconnaissance. Leurs désillusions sont traversées de lueurs d’espoir… Et nous voilà emmenés entre désenchantement et magie lumineuse, magie qui s’est posée le temps de la lecture et a laissé au rêve la liberté d’œuvrer.
