Helene Cooper, aujourd’hui journaliste aux Etats-Unis, a vécu son enfance et son adolescence au Liberia. Issue de la couche longtemps privilégiée du pays, les Congos, descendants directs des esclaves revenus d’Amérique pour créer ce pays nouveau au xixe siècle, elle a donc grandi protégée et choyée dans ce pays qui lui semblait sans problème. Mais en 1980, quand survient le coup d’Etat, le monde d’Helene s’effondre. Sa famille fuit les violences et se réfugie aux Etats-Unis. Elle suivra donc le destin tragique de son pays depuis l’étranger.
Alternant avec beaucoup de maîtrise l’autobiographie et le récit historique, le livre permet de parcourir l’histoire d’un pays que nous avons quelque peine à voir autrement qu’au travers de ses mythes fondateurs ou la violence inouïe des dernières décennies. La patte journalistique et la pointe d’autodérision de l’auteure donnent à ce texte un équilibre bienvenu entre implication personnelle et évocation du destin collectif de ce pays.
