Nous retrouvons la force, la puissance de l’écriture minérale de Catherine Poulain qui nous avait déjà marqué avec son premier récit Le grand marin.
Nous sommes dans des paysages rocailleux et brûlants. Rosalinde et Mounia, deux personnalités hors du commun, deux âmes solitaires, deux femmes libres. Dans ce village où les ont menées leurs errances, quelque part en Provence, elles sont des saisonnières parmi d’autres. Travailler dans les champs jusqu’à l’épuisement ; résister au désir des hommes, et parfois y céder ; répondre à leur violence ; s’abrutir d’alcool… Est-ce que l’apaisement est possible ?
Il y a vraiment dans la langue de Catherine Poulain une prééminence de la sensation, de la couleur, de la lumière. Et c’est au milieu de cette langue à la fois rugueuse et sensuelle que peut surgir le tragique.

