Ecrit en 1957 et refusé par l’éditeur de Monique Rivet à l’époque, Le Glacis, retravaillé, est publié cinquante ans plus tard.
Le glacis, c’est un boulevard de la ville d’El-Djond (en réalité Sidi Bel Abbès, ville de la Légion étrangère), boulevard qui sépare le quartier indigène (le « village nègre ») de la ville européenne, « une frontière non officielle, franchie par qui voulait et gravée pourtant dans les esprits de tous comme une limite incontestable ».
Laure, jeune enseignante parisienne naïve et ignorante de 25 ans, n’avait rien imaginé de tout cela. Elle ne sait rien ni du FLN, ni des non-dits qui régissent la vie de la société coloniale. Alors elle multiplie les gaffes, mettant à plusieurs reprises à mal des codes qu’elle ne comprend pas. Elle se mettra pour finir en danger.
Le point de vue critique et naïf à la fois de la narratrice est habilement entremêlé d’une série de scènes fortes et admirablement rendues, qui nous font ressentir le climat étouffant, la peur, l’incompréhension, la violence qui monte toujours plus, la guerre cachée derrière les « événements », le mur de plus en plus infranchissable entre les communautés.
