Travis Shelton, dix-sept ans, trouve son seul espace de liberté dans la pêche à la truite. Il s’aventure loin, en remontant les rivières pour réussir à prendre des truites mouchetées, les seules pour lesquelles le vieux Jenkins lâche quelques dollars. Précieux dollars qui donneront à Travis de quoi payer l’assurance de son pick-up afin d’allonger la laisse qui le tient attaché à la plantation de tabac de son père et à cette petite ville des Appalaches.
Au court d’une de ses parties de pêche, il tombe sur une plantation de cannabis, il en vole quelques pieds et va les revendre au dealer de la ville, ville si petite qu’il n’y a qu’un seul dealer, ville qui l’enferme. Première transgression qui va emmener Travis sur le chemin chaotique et douloureux de l’apprentissage de l’indépendance, la sienne, celle où il aura à porter seul ses choix. Celle qui lui apprendra que le paysage, la terre sur laquelle on grandit porte une histoire dont on ne se libère pas si facilement.
Ici, dans ce roman initiatique, personne n’est tout blanc ou tout noir et même les monstres ont une humanité à vous tirer les larmes des yeux. Peu importe la dureté des romans de Ron Rash, seules comptent l’aspiration à la liberté qui s’en dégage et les heures de sommeil qu’ils nous volent.
