Vous passez vos vacances au bord de la mer (ou vous l’auriez bien voulu), vous avez choisi la montagne ou la plaine, la récente parution en poche du cinquième roman de Claudie Gallay est une aubaine : immersion intensifiée dans le monde marin ou dépaysement complet, le plaisir est garanti.
La narratrice s’est réfugiée à La Hague, un petit bourg en apparence assez hostile, tout au bout du Cotentin pour y étudier les oiseaux et se reconstruire suite à un grand chagrin. Les personnages sont peints à vif, un vieux gardien de phare, un sculpteur et sa soeur, une « vieille folle », Max qui retape un bateau depuis des lustres, la femme du bistrot et sa fille, et surtout Lambert qui débarque un jour de tempête pour enquêter sur la cause de la mort de ses parents et de son petit frère dans le naufrage de leur voilier 40 ans plus tôt.
Les langues ne se délient pas facilement dans ce rude paysage et les liens entre les gens sont fragiles et compliqués. Dans un style sobre et tout en émotion, l’auteur fait se confronter ces existences avec violence et tendresse et le lecteur reste avec grand bonheur prisonnier du ressac de ces déferlantes.
