Dulce, la légendaire chanteuse du non moins mythique groupe Super Mama Djombo est morte. Couto, guitariste vieillissant et amour de jeunesse de Dulce, apprend la nouvelle, comme un coup de poing, dès les premiers mots de ce roman.
Et pourtant, et pourtant, que de lumière dans le livre de Sylvain Prudhomme, que de vie, de danse, de musique, de colère, de sensualité, de moiteur, de fougue.
Cet ouvrage est un hymne au Super Mama Djombo, groupe bien réel qui chanta la résistance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert face au colonisateur portugais, hymne à la musique et aux musiciens qui, dans la vieillesse, dans le bruit des bottes des putschistes corrompus, esquivant les berlines aux vitres teintées qui traversent la misère à pleine pleine vitesse, jouent encore et toujours. Peu importe les modes, peu importe les doigts et les vessies douloureuses, peu importe les gloires passées, les amis exilés et brisés par le travail, peu importe de jouer devant un stade plein ou dans un bar de quartier, mais jouer !
Couto traverse la ville dans la nuit tombante avec ce vide en lui, la mort de Dulce, il navigue de bars en souvenirs, d’ami en ami, avec pour seule certitude que ce soir il jouera pour Dulce au Chiringuito malgré le coup d’état qui se prépare et la vie qui continue et exagère comme toujours.

