Dans ce premier volet d’une Trilogie de la crise, le commissaire Charitos, grand râleur, nous emmène directement dans un pays secoué par les problèmes.
Alors qu’il vient juste de changer de voiture et de marier sa fille, Charitos doit s’occuper d’un mystérieux assassin qui choisit ses victimes dans les milieux financiers et les décapite à l’épée. Cela fait désordre dans ce pays dont on annonce régulièrement la faillite, d’autant que des affiches invitant la population à ne plus rembourser ses emprunts, à boycotter le crédit et toutes les opérations bancaires font leur apparition. Alors que la crise est omniprésente dans le livre, depuis les manifestations quotidiennes bloquant les rues d’Athènes jusqu’aux coupes sombres évoquées – pertes de primes, augmentation de l’âge du départ en retraite, diminution des pensions – pour « purger » le pays de ses mauvaises habitudes, les banquiers et leurs séides sont une cible parfaite pour le lecteur. Markaris, pourtant, ne néglige pas de rappeler la boulimie de crédits qui s’est abattue sur la péninsule grecque et ses habitants.
Liquidations à la grecque est mené habilement avec, pratiquement à chaque page, un personnage qui râle en racontant sa situation et l’avenir noir qui se profile devant lui.

