Ildikó et sa sœur Nomi aident leurs parents dans le modeste restaurant Le Mondial, dont ils sont les gérants. Sur la rive du lac de Zurich, on les regarde parfois avec mépris, parfois avec condescendance. Mais le père tient bon, parce qu’il n’a pas le choix : il veut être un modèle d’intégration, envers et contre tout. Entre les mailles de son récit, Ildikó ne cesse de remonter vers son enfance.
Née en 1968 dans la minorité hongroise de Voïvodine alors yougoslave, l’auteure a débarqué à l’âge de cinq ans pour rejoindre ses parents, réfugiés en Suisse. De cette expérience elle tire un roman magnifique. Tiraillée entre deux patries et deux langues – le hongrois et l’allemand –, l’auteure fait de sa narratrice la porte-parole de tous les exilés en quête de terre promise. On y découvre une Europe en pleine mutation, qui est loin d’avoir réglé ses comptes avec le passé mais qui s’apprête à accueillir sur ses rivages des oiseaux migrateurs de la trempe de Melinda Nadj Abonji.
