«Un à un, je les avais tous vu mourir. D’abord, mon père. Puis mes frères Gaylen et Gary. Enfin, ma mère, une femme amère et ravagée. A la fin, il ne restait que moi, le benjamin, et Frank, l’aîné. Puis un jour, lorsque la douleur liée à l’histoire familiale est devenue trop lourde à supporter, Frank s’est tout simplement retiré dans un monde d’ombre (…)»
Mikal Gilmore, né en 1951, est rédacteur en chef de Rolling Stone magazine. Il est le frère cadet de Gary condamné à mort tristement célèbre et exécuté en 1977 aux Etats-Unis. «J’ai une histoire à raconter. C’est une histoire de meurtres : des meurtres de la chair et de l’esprit; des meurtres nés de la douleur, de la haine, du châtiment. C’est l’histoire de la genèse de ces meurtres, de la manière dont ils ont pris forme et déteint sur nos actes, dont ils ont transformé nos vies, dont ils ont imprégné le monde et l’histoire autour de nous. (…) Je connais bien cette histoire car je suis coincé dedans.»
Terrible et passionnante plongée dans le passé traversé de violence de cette famille mais aussi dans l’envers du décor clinquant de l’Amérique des années soixante, de cette «fureur de vivre» tendue à l’extrême, forcément troublante. Captif de cette écriture belle, de ces mots qui sonnent justes, on ne sort pas tout à fait indemne de ce récit, enquête affective où résonne une profonde humanité.
